En juillet 1865, seuls 1 100 colons, davantage soldats que cultivateurs, venus essentiellement de Louisiane, s'installent au Mexique et restent cantonnés dans l'État de Veracruz, attendant que le gouvernement impérial les dirige sur les terres qu'ils sont censés cultiver. À Rome, Charlotte adopte un comportement étrange. En chemin, Fischer tente inlassablement de dissuader Maximilien de partir, évoquant l'honneur perdu, la fuite et la vie future avec Charlotte désormais aliénée. Lorsqu'il est question d'abdication, Castelot s'interroge sur la « poltronnerie » supposée de Maximilien vis-à-vis de Bazaine[C 58]. Cette épidémie et l'heure matinale de leur débarquement leur valent un mauvais accueil de la population veracruzaine. Le renvoi de Metternich signe la fin d'une ère. ». En 1874, le général Gustave Niox corrobore leurs dires en écrivant : « Dès cette époque [1862] la politique française se trouve irrévocablement compromise. Maximilien est de santé fragile et s'enrhume constamment dans les chambres mal chauffées de la Hofburg. C'est donc du résultat des votes de la généralité du pays que je dois faire dépendre en premier lieu, l'acceptation du trône qui m'est offert[18] ». On peut citer les mémoires du docteur Samuel Basch, médecin personnel de l'empereur, qui constitue une source de première main car il a accompagné l'empereur jusqu'à sa mort[71] ; les écrits de son secrétaire Jose Luis Blasio[72] ou encore les souvenirs de l'officier Albert Hans qui a combattu lors du siège de Querétaro[73]. Escobedo refuse cette proposition car ces deux cités sont prêtes à tomber entre les mains des républicains. Il a interrompu sa cure à Vichy pour soigner l'inflammation aiguë de la prostate et de la vessie dont il souffre. Quand il sort à cheval, c'est revêtu du costume national mexicain (veste et large sombrero) ou d'un uniforme bleu. À Paris on a beaucoup parlé de cela [...]. À l’âge de 17 ans, après avoir repoussé les avances du roi Pierre V de Portugal, et avec l’accord de son père, elle épouse celui qu’elle a choisi : l’archiduc Maximilien d’Autriche, frère de l’empereur François Joseph. Sebastián Lerdo de Tejada, alors secrétaire des Affaires étrangères au Mexique, accepte donc officiellement la requête autrichienne le 4 novembre 1867[40]. Díaz se tient près de la grand-route de Veracruz, obligeant Bazaine à maintenir des postes militaires sur cette ligne de communication importante. De nouveaux défis doivent être relevés : la pacification du Michoacán, l'occupation des ports de l'océan Pacifique, l'expulsion de Juárez du Chihuahua, et la soumission de la province de l'Oaxaca[NI 4]. Quant à leur vie conjugale, elle est réduite à néant[V 3]. La folie est faite des événements ! Maximilien obtient de rencontrer le général Escobedo qui le reçoit et auquel il propose, en échange de sa liberté et de son retour en Autriche, de rendre les deux villes encore aux mains des impérialistes : Mexico et Veracruz. Ils résident officiellement à Milan, siège du gouvernement de la Lombardie-Vénétie[DE 1]. En février 1859, de nombreuses arrestations ont lieu à Milan et à Venise. De plus, il est astreint par l'opposition officielle des États-Unis qui lui adressent un ultimatum ordonnant le retrait des troupes françaises du Mexique[N 13]. À Rome, sa santé mentale paraît compromise au point qu'un médecin aliéniste préconise le confinement de Charlotte dans sa propriété de Miramare. S'il reste favorable à la proposition de mariage belge, il ne manifeste pas d'enthousiasme et n'est pas amoureux[C 1]. ». et en 2) de sable, au lion d'or, armé et lampassé de gueules, sur-le-tout, écartelé, aux I et IV, contre-écartelé, aux 1 et 4 de gueules aux trois léopards d'or, armés et lampassés d'azur (d'Angleterre) ; au 2 d'or, au lion de gueules, armé et lampassé d'azur, dans un double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du second (d'Écosse) ; au 3 d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent (d'Irlande) ; aux II et III, burelés de dix pièces de sable et d'or au crancelin de sinople, brochant sur le lion (de Saxe). Les détonations claquent. Toute terre possède un maître aux droits de propriété plus ou moins réguliers. Vive le Mexique ! Opportuniste, il négocie âprement la dot de sa promise[9]. Dans la nuit du 22 au 23 mars, Márquez, auquel Maximilien a donné pleins pouvoirs, quitte Querétaro avec 1 200 cavaliers et prend la route de Mexico où il doit recruter des renforts. De son côté, Maximilien est un descendant des Habsbourg. ». Lors de cet exil doré mais forcé à Miramare, Charlotte brosse un portrait idyllique de cette retraite au cours de laquelle l'éloignement des époux devient de plus en plus marqué. [K 13] ». Comme Maximilien le lui avait demandé, Tüdös retire le bandeau qui couvre les yeux de l'empereur afin de le rapporter à Charlotte. Au sujet de l'hypothèse de la trahison de Maximilien par un fidèle, le colonel Lopez, certains auteurs, comme le général Gustave Niox[NI 9] ou l'officier Albert Hans[73] l'estiment exacte. Le 10 avril 1864, dans la salle du trône de Miramare, Maximilien devient officiellement empereur du Mexique. En 1857, Maximilien est nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche a acquis au congrès de Vienne et qui se montre rebelle au pouvoir de la maison de Habsbourg. Sa main se crispe sur un bouton de l'habit, l'arrachant. Son frère François-Joseph deviendra le puissant empereur d’Autriche. Ce dernier geste reste vain, tout comme les télégrammes et lettres envoyés par des souverains européens (la reine Victoria, le roi Léopold II et la reine Isabelle II d'Espagne[M 12]) et des personnalités comme Victor Hugo[36] ou Giuseppe Garibaldi demandant à Juárez d'épargner la vie de Maximilien[37]. L’émission «Secrets d’histoire» est diffusée à 21h05 sur France 3 ce lundi 9 décembre. Charlotte prise beaucoup les diverses fêtes, parades militaires, bals et représentations théâtrales[C 10]. Moralement moins stable que François-Joseph, il s'entoure d'amis libertins[K 1]. Quant au roi Léopold, il écrit à son futur gendre : « Vous avez conquis en mai [...] toute ma confiance et ma bienveillance. Cette situation heurte unanimement l'opinion publique[C 32]. Désormais, chaque train doit être accompagné d'une garde de 25 soldats. Charlotte de Belgique est la fille de Léopold 1 er, premier roi des Belges et la petite-fille de Louis-Philippe, roi des Français. Elle revêt des habits de deuil et affirme que tout le monde veut l'empoisonner. Depuis le 18 janvier 1868, Maximilien repose dans la nécropole de sa famille, dans la crypte des Capucins, à Vienne[C 53]. De ses enfants, sa mère affirme qu'il est le plus aimant. Le soir, il reçoit des officiers à sa table[C 40]. Ici, le destin tragique de Charlotte et Maximilien, empereurs sacrifiés. Son épouse, l'impératrice Charlotte, revient en Europe pour tenter d'obtenir au profit de son mari un ultime soutien de Napoléon III, en vain. Ces derniers ont également cédé l'habit du défunt au plus offrant des amateurs. Deuxième acte : l’Empire du Mexique, un cadeau empoisonné. Le ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne écrit en janvier 1859 : « L'administration des provinces lombardo-vénitiennes a été dirigée par l'archiduc Maximilien avec un grand talent et un esprit empreint de libéralisme et de la plus honorable conciliation »[C 16]. À partir de janvier 1866, Napoléon III, poussé par l'opinion publique française, hostile à la cause mexicaine, décide de commencer à retirer les troupes qui devaient soutenir Maximilien au Mexique jusqu'en 1867[13]. François-Joseph refuse catégoriquement cette éventualité[C 18]. En mars 1864, Maximilien et Charlotte se rendent à Paris, où l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie leur réservent un accueil des plus chaleureux en vue de les inciter à accepter le trône du Mexique. […] L'archiduc est très pauvre, il vise avant tout à s'enrichir, à faire de l'argent afin de terminer diverses constructions qu'il a entreprises[K 4]. Malheureusement il se trouvait un traître dans l'armée, l'infâme colonel Lopez […][70]. Depuis les hauteurs, chaque maison peut être atteinte à coups de fusil. Elle est l'unique fille de Léopold Ier, roi des Belges, et de la reine Louise d'Orléans. Maximilien part à l'aventure dans la jungle et visite diverses plantations. La dernière modification de cette page a été faite le 23 décembre 2020 à 02:28. Charlotte de Belgique, née au château de Laeken le 7 juin 1840 et morte le 19 janvier 1927 au château de Bouchout à Meise (), est une princesse de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha et duchesse en Saxe. Le 8 août 1866, l'impératrice Charlotte débarque en Europe avec ses deux fils à bord du paquebot Impératrice Eugénie. Les analyses de sa personnalité sont contrastées : O. Defrance le présente comme moins doué et de caractère plus complexe que son frère aîné[D 1], tandis que L. Sondhaus indique au contraire qu'il avait souvent éclipsé son frère dès l'enfance et que ce dernier paraissait plus terne et moins talentueux en comparaison[5]. En 1938, l'État belge achète le domaine de Bouchout en vue d'y implanter le Jardin botanique national de Belgique, trop à l'étroit sur son site bruxellois, inauguré 20 ans plus tard[27]. Sa politique, trop libérale aux yeux du pouvoir autrichien, son indulgence envers les rebelles italiens et sa prodigalité le contraignent à la démission le 10 avril 1859. La construction du château se termine en 1860 selon les plans de Maximilien et grâce à la dot de Charlotte. Le souverain est poussé par une opinion publique française devenue hostile à la cause mexicaine. En 1850, Maximilien est amoureux de la comtesse Paula von Linden[N 2], la fille de l'ambassadeur de Wurtemberg à Vienne. Le 13 juin 1867, Maximilien et les généraux Miramón et Mejía doivent comparaître devant une cour martiale spéciale qui se tient dans le théâtre de la ville. C'est au cours de son séjour en résidence surveillée que l'empereur Maximilien est fusillé au Mexique en juin 1867. Ces lettres par leur nombre et leur longueur (parfois jusqu'à vingt pages) offrent également le témoignage d'une vie quotidienne ponctuée par les crises de paranoïa et les soins qui lui sont prodigués[N 6]. Le symbole renvoie aux ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article. L'avenue, initialement nommée en l'honneur de Charlotte Paseo de la Emperatriz, devient plus tard le Paseo de la Reforma[C 25]. Elle est très intelligente, ce qui est un peu ennuyeux, mais sans doute en viendrai-je à bout », « Tous les valets portaient des hallebardes ! Elle ne reçoit que les visites de sa famille : principalement de ses belles-sœurs la reine Marie-Henriette et la comtesse de Flandre. Maximilien conditionne son acceptation du trône à la tenue d'un référendum populaire assorti de garanties financières et militaires solides. Cependant, accompagné par ses frères Charles-Louis et Louis-Victor, ainsi que par cinq autres archiducs et des dignitaires de l'empire autrichien, François-Joseph débarque à Miramare car Maximilien s'est finalement résolu à accepter les sévères conditions imposées par son frère. Partout, les troupes de Juárez reculent, mais la guerre se métamorphose en escarmouches menées par des guérilleros. Charlotte n’a que 10 ans lorsque sa mère s’éteint des suites d’une maladie pulmonaire à Ostende. Un duel s'ensuit au cours duquel le fils du général mexicain est blessé à la main[55]. Reste et persévère aussi longtemps que possible dans ta position[C 37]. Si Maximilien est officiellement vice-roi de Lombardie-Vénétie, son autorité reste limitée par le pouvoir exercé par les militaires de l'Empire autrichien opposés à toute espèce de réforme libérale. Un an après l'arrivée de Maximilien et Charlotte, la situation au Mexique est toujours délétère et la pacification du pays est enrayée. Cinq jours plus tard, le contingent qu'il a réuni sous les ordres du général Miguel Miramón obtient un succès militaire. En effet, bien que le défunt père de Charlotte, Léopold Ier, ait été relativement réticent à l'aventure mexicaine[2], son fils, devenu Léopold II, autrefois ardent partisan des ambitions de sa sœur, ne peut plus ignorer l'hostilité des Belges envers un pays qui leur apporte souvent de mauvaises nouvelles. L'entrevue avec Napoléon III se solde par un échec complet : l'empereur, affirmant qu'il ne peut rien décider sans l'aval de ses ministres, refuse de négocier de nouvelles garanties financières et militaires en faveur du Mexique. Manet ne revêt pas les soldats du peloton d'exécution de l'uniforme mexicain, il les représente portant celui des soldats de l'armée impériale française. Des bandes sortent comme de dessous terre là où il n'y en avait pas avant »[C 20]. Arrivée en Belgique, Charlotte réside jusqu'au 8 octobre 1867 près de Bruxelles, dans le pavillon construit dans le parc de Tervueren par Charles Vander Straeten pour Guillaume d'Orange[19], qui s'avère insuffisamment meublé et trop froid à la mauvaise saison. L'existence de l'empire demeure toutefois fragile. 1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Biographies Italie Les prix lecteurs BDTheque 2018 Mexique et mexicains Élevée par son père Léopold 1erer, Charlotte de Belgique est destinée à faire un glorieux mariage. fils unique de Maximilien de HABSBOURG-LORRAINE, Empereur du Mexique et de la Princesse Charlotte de Belgique, Impératrice du Mexique, rappelé à Dieu, muni des sacrements de l’Église, le 1 er janvier 1930, à l’âge de 63 ans. En février 1852, Marie-Amélie contracte la scarlatine. Maximilien leur déclare qu'il « accepte la couronne des mains de la nation mexicaine » et jure « d'assurer par tous les moyens le bien-être, la prospérité, l'indépendance et l'intégrité de cette nation »[C 4]. J'ai aussi remarqué que ma fillette partageait ces dispositions ; cependant il était de mon devoir de procéder avec précaution[P 2] ». À New York, lors d'une cérémonie d'hommage au défunt président Lincoln, le diplomate et historien George Bancroft prononce un discours dans lequel il qualifie l'empereur mexicain d'« aventurier autrichien ». Lorsqu'elle se rend en visite officielle au Yucatán, Charlotte écrit à son mari le 8 décembre 1865 : « Le docteur est très gentil. Avant même la fin de l'année 1867, elle publie ce texte conforme à la doxa officielle sous une image aseptisée donnant à voir Maximilien soutenu par un prêtre : « L'exécution de l'infortuné Maximilien vient de marquer le Mexique d'un sceau funèbre. Maximilien remet une pièce d'or à chacun des soldats du peloton leur demandant de bien viser et de ne pas tirer sur sa tête. Que mon sang prêt à couler soit répandu pour le bien du pays. La vie de l'empereur Maximilien et celle de son épouse Charlotte du Mexique, deux souverains venus de Belgique et d'Autriche, placés sur un trône au Mexique. Le 12 juin 1864, le couple impérial effectue son entrée officielle dans leur capitale. Il domine son siècle et le marquera de son empreinte[K 8]. En qualité de gouverneur, Maximilien vit comme un souverain, entouré d'une cour imposante comprenant chambellans et majordomes[K 5]. Reste et persévère aussi longtemps que possible dans ta position, « 5 000 soldats maintiennent aujourd'hui cette place, après un siège de soixante-dix jours, un siège effectué par 40 000 hommes qui ont à leur disposition toutes les ressources du pays. Marie Charlotte Amélie Auguste Victoire Clémentine Léopoldine de Saxe-Cobourg et Gotha, plus connue sous le nom de Charlotte de Belgique, est la fille du roi des Belges Léopold I et de la reine Louise d'Orléans. [...] Dans ses soliloques passent de temps en temps, bien rarement, des phrases, des interjections qui prouvent que parfois sa pensée obscurcie revient sur ces lamentables souvenirs : « Monsieur, on vous a dit qu'on avait eu un époux ; un époux, Monsieur, et puis la folie ! En mars 1859, des incidents entre les forces de l'ordre et des Milanais éclatent, tout comme à Vérone[N 5]. Toutefois, l'archiduc hésite et tarde à accepter de tenter l'aventure. Sa famille ne peut la soutenir dans la cause mexicaine : son frère Léopold II, autrefois ardent partisan des ambitions de sa sœur, ne peut plus ignorer l'hostilité des Belges envers un pays qui leur apporte souvent de mauvaises nouvelles ; quant à son beau-frère, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, vaincu par la Prusse à Sadowa, il a perdu son influence sur les États allemands. Ils séjournent tantôt au Palais royal, tantôt à la villa de Monza au caractère plus intime[DC 3]. Après l'incendie du pavillon de Tervueren — dont elle est paradoxalement ravie[C 29] — en mars 1879, Charlotte réside définitivement au château de Bouchout à Meise, non loin du château de Laeken, que son frère, le roi Léopold II, acquiert pour elle[B 14]. Profitant de la guerre de Sécession qui paralyse les États-Unis et saisissant le prétexte d'obtenir le remboursement des dettes du gouvernement de Benito Juárez, la France ratifie le 31 octobre 1861 la Convention de Londres. Elle est également l’unique fille du couple. en 1) d’argent à une aigle royale contournée, dévorant un serpent, perché sur un double figuier de Barbarie, planté dans un rocher, mouvant lui-même d’une mer alésée, le tout au naturel. Le cercueil de Maximilien est ramené en ville, mais des militaires interviennent et s'en emparent. Aux États-Unis, paraît en 2014 Maximilian and Carlota. En février 1848, la révolution des patriotes italiens gagne rapidement tout l'empire. La chapelle commémorative de l'empereur Maximilien est située sur le Cerro de las Campanas (« colline des cloches ») dans la ville de Querétaro au Mexique. Maximilien accepte donc de se déclarer. Arcila précise que le 27 décembre 1865 s'est formé le Suprême Conseil du Grand Orient du Mexique, qui offre à Maximilien le titre de Souverain Grand Commandeur, mais que celui-ci le refuse[25]. Plusieurs proches de Maximilien (dont le baron Anton von Magnus, ambassadeur de Prusse et le docteur Samuel Basch, médecin personnel et confident de Maximilien) avaient demandé au président Juárez de leur remettre le corps. En dépit des descriptions idylliques que Maximilien et Charlotte adressent à leurs proches en Europe[C 11], il ne leur faut guère de temps pour mesurer l'insécurité et le désordre qui règnent dans leur empire. Charlotte disparaît complètement de la sphère publique, protégée par les hautes grilles de son domaine, le long desquelles passent des gardes en livrée, le mousqueton sur l'épaule. Cette situation heurte Charlotte, obligée par son mari d'aller chercher elle-même l'enfant chez ses parents. En dépit des conseils tactiques qui lui sont dispensés, Maximilien est décidé à demeurer dans cette ville dont la configuration est pourtant mal compatible avec la tenue d'un siège car difficilement accessible à d'éventuels renforts. Grand maître et réformateur le 16 avril 1865 de : Grand maître et fondateur le 1er janvier 1865 de : Édouard Manet, scandalisé par la mort de Maximilien, travaille durant plus d'un an à la réalisation de plusieurs versions de son tableau L'Exécution de Maximilien qui constitue un puissant réquisitoire pictural contre la politique menée au Mexique par Napoléon III[43]. La politique magnanime de Maximilien commençait à porter ses fruits, mais elle ne peut empêcher le 26 avril 1859 la déclaration de guerre de l'Autriche au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Elle évite de passer par Bruxelles[N 4] et Vienne. Charlotte ne voit pas sa famille pendant ces années de guerre. Maximilien y est rejoint par une brigade de plusieurs milliers d'hommes aux ordres du général Ramón Méndez, auxquels s'ajoute le renfort des gardes-frontières du général Julián Quiroga, soit un total d'environ 9 000 hommes soutenant l'empire[M 10]. De fait, Charlotte est à nouveau archiduchesse et dépend donc en principe du bon vouloir de sa belle-famille Habsbourg[DC 7]. Pour tout document justificatif, la députation mexicaine produit les actes d'adhésion sur lesquels on s'est contenté d'écrire en marge le chiffre de la population de la localité dans laquelle chacun des délégués réside, comme si tous les habitants s'étaient rendus aux urnes[C 21]. La nature de la pathologie mentale de Charlotte, psychose, paranoïa, monomanie..., extrêmement difficile à déterminer avec certitude a posteriori, a donné lieu à plusieurs hypothèses. Charlotte préside donc seule le banquet. Il visite l'État du Querétaro, puis les villes de Celaya, Irapuato, Dolores Hidalgo et León de los Aldamas dans le Guanajuato, Morelia dans le Michoacán de Ocampo et enfin Toluca dans l'État de Mexico, où Charlotte le rejoint pour effectuer en sa compagnie une excursion de trois jours avant de regagner Mexico. 438p. Entre-temps, Maximilien et Charlotte entreprennent un voyage à bord du yacht Fantasia qui les mène jusqu'à Madère en décembre 1859 sur les lieux où la princesse Marie-Amélie du Brésil, jadis fiancée à Maximilien, est morte six ans auparavant[A 4]. Pour élever des fortifications, le concours des habitants est requis. À Maximilien, sa famille envoie le 12 octobre 1866 un télégramme l'informant que l'impératrice souffre d'une méningite ; mais lorsqu'il apprend que c'est le célèbre médecin aliéniste viennois Riedel qui soigne sa femme, Maximilien, abasourdi, comprend la vraie nature de la pathologie de Charlotte[K 11]. Karl May publie de 1882 à 1884 Waldröschen, une série de romans d'aventures narrant notamment l'affrontement au Mexique entre l'empereur Maximilien Ier et Benito Juárez. La religion tient une place majeure dans la vie de la princesse[3]. Le personnage du maréchal Bazaine y apparaît en effet dans le septième tableau intitulé Judas. C'est là que se déclarent ouvertement les premiers symptômes des troubles mentaux qui vont la tourmenter jusqu'à sa mort. Elle est brune, je suis blond, ce qui est bien aussi. L'illustration Journal Universel N° 749-L'archiduc Maximilien D¿Autriche Et La Princesse Charlotte De Belgique. L'empereur Ferdinand Ier est reconnu inapte à gouverner. Si le Mexique devient théoriquement indépendant et bientôt doté d'un souverain qui porte le titre d'empereur, tout ce qui regarde la politique étrangère, l'armée, et la défense doit être géré par les Français. Présente au Mexique où elle accompagnait son mari, la princesse de Salm-Salm tente de soudoyer une partie de la garnison de Querétaro pour faciliter l'évasion de Maximilien et des autres prisonniers. Sa famille décide de dissimuler à Charlotte la mort de Maximilien [DC 6]. Face à une situation aussi complexe qu'inextricable, Maximilien se résout, sous la pression du maréchal Bazaine et de l'armée française[10], à adopter une répression implacable à l'encontre des rebelles. La France accentue l'envoi de colons (notamment les « Barcelonnettes », originaires de la ville de Barcelonnette et de la Vallée de l'Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence) pour renforcer sa présence sur le sol mexicain[17]. Dédaigneusement, Palacios qui commandait le peloton d'exécution déclare : « Voilà l'œuvre de la France, messieurs »[C 52]. Elle débarque en France en août 1866, mais essuie les refus successifs de l'empereur Napoléon III et du pape Pie IX. Quant au duc de Brabant, le futur Léopold II, il écrit à la reine Victoria : « Max est un garçon plein d'esprit, de connaissances, de talent et d'amabilité. Sa dame d'honneur, Hélène, comtesse de Reinach-Foussemagne, raconte au sujet de Charlotte : « La plupart du temps, la malheureuse s'absorbait en de longs silences, ou au contraire en des discussions passionnées en français, anglais, allemand, italien, espagnol, avec d'imaginaires interlocuteurs, discussions trop incohérentes, trop décousues pour qu'on puisse deviner quelles pensées occupaient ce cerveau. L'archiduchesse Sophie était devenue très proche du duc de Reichstadt après la naissance de François-Joseph en août 1830. » Il montre de l'empathie vis-à-vis de Maximilien lorsque ce dernier se rend au Brésil, sans son épouse, en 1860 : « Charlotte est souffrante et geint pour un rien… Max, agacé, fait plus grave, saisit l'occasion pour dormir dans sa propre chambre, première rupture de leur vie conjugale… Il tue le temps en bridgeant avec Tegetthoff. Sans Maximilien, mais accompagnée par une suite imposante, elle s'embarque sur le Tabasco, navire en piètre état dont le tangage rend la traversée du golfe du Mexique très éprouvante. Le 10 septembre 1854, il est nommé commandant en chef de la marine autrichienne et promu contre-amiral. Maximilien et Charlotte effectuent leur Joyeuse Entrée à Milan le 6 septembre 1857. À Pâques 1858, revêtus d'habits d'apparat, Maximilien et elle remontent le Grand Canal de Venise, grisés par leur importance[C 14]. Pour tenter de protéger son frère, François-Joseph Ier le réintègre pleinement dans ses droits d'archiduc de la maison de Habsbourg. J'ai aussi remarqué que ma fillette partageait ces dispositions ; cependant il était de mon devoir de procéder avec précaution »[8].